Les droits des femmes autochtones mis en avant lors de la Marche mondiale des femmes

MONTRÉAL — Plusieurs rassemblements dimanche après-midi à Québec ont clôturé la 5e Marche mondiale des femmes. La journée était axée sur le respect des droits des femmes et des filles autochtones.

C’est l’une des cinq revendications majeures formulées par les coordonnateurs de la marche (CQMMF) ces derniers mois. Le groupe féministe à but non lucratif demande des mesures concrètes pour protéger le quotidien des femmes autochtones.

« Nous voulons que les forces policières cessent leur pratique du profilage racial et des contrôles policiers. Nous voulons réparation pour les stérilisations forcées », a déclaré Marie-Andrée Gauthier, coordonnatrice générale du Réseau des tables régionales des groupes de femmes du Québec.

La pression de la pandémie de COVID-19 sur les communautés autochtones et le décès de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette ont amené le CQMMF à mettre davantage en avant ces revendications concernant les femmes autochtones lors des événements de clôture, a expliqué Gauthier, qui est également porte-parole de la Marche des femmes au Québec. .

Avec la vague de féminicides qui a frappé le Québec particulièrement en 2021, la violence faite aux femmes a également occupé une place dans les revendications du groupe national.

Le CQMMF souhaite que le gouvernement contribue à l’élimination de toutes les formes de violence faite aux femmes avec le déploiement d’une campagne nationale de sensibilisation en partenariat avec des organismes autonomes d’action communautaire. Il réclame également un financement accru pour ces organismes qui offrent des services aux femmes.

“Lorsque le gouvernement propose des solutions, il doit s’attaquer aux causes profondes du problème et non pas se contenter de masquer les divers problèmes auxquels les femmes sont confrontées. Nous voulons des changements systémiques”, a déclaré Gauthier.

Le slogan international de la Marche mondiale des femmes « Résister pour vivre – Marche pour transformer » est particulièrement pertinent au Québec, où 16 féminicides ont été commis depuis le début de l’année.

Le CQMMF demande également des ressources suffisantes pour permettre l’intégration économique et sociale des femmes migrantes et immigrantes. Il réclame également une augmentation immédiate du salaire minimum à 15 $ l’heure pour lutter contre la pauvreté.

“Pendant la pandémie, nous avons vu que plus de femmes travaillaient dans des services dits essentiels et dans des conditions de travail et de salaires inacceptables”, a déclaré Gauthier.

En matière d’environnement, le réseau demande aux décideurs de mesurer l’accès à l’eau potable et à une alimentation de qualité à un prix accessible « en adaptant une agriculture de proximité intégrant les principes de l’agroécologie et de l’économie circulaire ».

Les revendications, issues de consultations, ont été portées à l’attention de la ministre québécoise responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, en mars 2020.

Cependant, le CQMMF n’a eu aucun suivi ni engagement concret en réponse à ses demandes, a précisé M. Gauthier.

Le réseau se compose de plus de 40 organismes, et entend revenir à Charest et rencontrer les différents partis politiques.

La Marche mondiale des femmes 2020 à Québec devait avoir lieu l’automne dernier à Terrebonne. Mais en raison de la pandémie, l’événement a été reporté à cette année et remplacé par plusieurs activités dans différentes régions.

Le WWM est né au Québec en 2000 à la suite de la marche « Du pain et des roses », organisée cinq ans plus tôt à l’initiative de l’ancienne politicienne Françoise David pour dénoncer la pauvreté chez les femmes. Aujourd’hui, la marche est célébrée sur les cinq continents.

— Ce rapport de La Presse Canadienne a été publié pour la première fois en français le 17 octobre 2021.